( AFP / MIGUEL MEDINA )
Arkéma , numéro un de la chimie française, a vu son bénéfice net plonger de plus de 80% en 2025, dans un environnement "particulièrement exigeant", une chute attendue après plusieurs avertissements, et table pour 2026 sur "une légère croissance" de sa rentabilité.
Le bénéfice net s'est élevé à 63 millions d'euros (-82,2%), pour un chiffre d'affaires de 9,07 milliards d'euros (-5%). A taux de changes constants, la baisse du chiffre d'affaires est ramenée à 2,1%, précise Arkema dans un communiqué.
Touché par une crise qui affecte toute la chimie européenne, le groupe avait abaissé par trois fois son objectif de rentabilité (Ebitda) pour 2025 lors de ces derniers mois.
Arkema, qui visait en début d'année 2025 entre 1,53 et 1,67 milliard d'euros d'Ebitda, avait abaissé par trois fois au fil de 2025 ses objectifs de résultats, jusqu'à une fourchette comprise entre 1,25 et 1,3 milliard d'euros.
Au final, son excédent brut d'exploitation (Editda, indicateur important de rentabilité) s'élève à 1,25 milliard d'euros, en recul de 18,3% par rapport à 2024.
Les volumes de vente sont en recul de 1,6% en 2025, en raison de la demande "globalement faible en Europe et en Amérique du Nord" et d'"une gestion rigoureuse des stocks par les clients au 4e trimestre". Mais l'Asie, et notamment la Chine, "est restée plus dynamique sur l'ensemble de l'année".
Pour 2026, le groupe vise "une légère croissance de l'Ebitda à taux de change constants et continuera de "contrôler strictement" ses activités, avec pour objectif de compenser l'inflation des frais fixes, tout en gérant les investissements à environ 600 millions d'euros", indique le groupe.
A la Bourse de Paris, le titre prenait 2,32% à 61,65 euros vers 11H45 heure de Paris dans un marché en légère hausse.
- Une année "compliquée" -
"La culture d'Arkema" fait qu'"on n'est jamais dans des annonces de grandes restructurations", mais plutôt "au fil de l'eau", a déclaré le PDG du groupe chimique Thierry Le Hénaff, lors d'une d'une conférence de presse.
Les effectifs ont été réduits de 2% en 2025, "en ne remplaçant que partiellement les départs à la retraite" et continueront de diminuer "chaque année d'environ 3%, y compris avec quelques restructurations de sites", comme cela été le cas l'an dernier avec les sites de Jarrie (Isère) ou Pierre-Bénite (près de Lyon), a-t-il ajouté.
"On a également renforcé" la réduction d'autres postes de dépenses "compte tenu de la conjoncture", a précisé le PDG.
Dans son communiqué, le groupe répète que l'environnement est "marqué jusqu'à présent par une demande globalement faible, un effet de changes défavorable et une visibilité limitée".
Dans une note, les analystes de Oddo BHF indiquent que "l'année 2025 aura été très compliquée pour Arkema" et "le discours des dirigeants s'avère prudent pour 2026".
Arkema cite toutefois quelques marchés "attractifs": le sport, l'impression 3D, la santé et les spécialités fluorées de nouvelle génération. Et le groupe a généré un flux de trésorerie courant solide", ce qui "sera un atout clé lorsque le marché rebondira", précise Thierry Le Hénaff.
En novembre dernier, Arkema avait appelé la Commission européenne à accélérer la mise en place de mesures de soutien à un secteur aux prises avec "un environnement particulièrement difficile".
Bruxelles a présenté début juillet un plan d'action en quatre volets. La Commission veut soutenir la production, baisser le prix de l'énergie en ouvrant la voie à une extension des aides d'État, développer une préférence européenne dans le domaine de la chimie et simplifier les règles pour les entreprises.
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